Depuis sa nomination au poste stratégique de ministre du Portefeuille en août 2025, Julie Mbuyi Shiku s’est imposée comme le fer de lance de la modernisation administrative. Entre réformes de gouvernance, diplomatie économique et promotion du leadership féminin, gros plan sur une dirigeante qui mise sur la rigueur pour transformer les « canards boiteux » de l’État en moteurs de croissance.
Un profil de technocrate au service de l’État
Née à Kinshasa en 1973, et originaire du territoire de Kazumba dans le Kasaï central, Julie Mbuyi Shiku n’est pas arrivée au gouvernement par hasard. Son parcours est celui d’une experte façonnée par les standards internationaux. Formée à l’Université catholique de Louvain et aux Facultés Saint-Louis de Bruxelles, cette spécialiste des risques financiers et de la « compliance » (conformité) affiche un pedigree académique de haut vol.
Forte d’une expérience de vingt ans dans les secteurs de la finance et de l’énergie en Europe, ce bel alliage du charme et de l’intelligence opère un retour remarqué au pays en 2021. Après avoir fait ses preuves dans les rouages du ministère des Finances où elle a presté comme conseillère financière et puis Directrice de cabinet adjointe, elle prend les rênes du Portefeuille au sein de l’équipe Suminwa.
Le « choc de gestion » : Rigueur et discipline budgétaire
Pour Julie Shiku, la réforme des entreprises publiques passe d’abord par un changement de logiciel managérial. Dès sa prise de fonction, elle a marqué son territoire par une méthode directe : exiger des prévisions budgétaires sous huitaine, une injonction qui sonne comme un rappel à l’ordre pour des structures souvent habituées à une certaine inertie.
Sa feuille de route est limpide : assainir la gouvernance pour éradiquer les mauvaises pratiques, booster la compétitivité des entreprises d’État, et réorienter les dividendes vers le développement social et l’intérêt général.
Au-delà de la gestion : Diplomatie et leadership au féminin
L’action de la ministre ne se limite pas aux bureaux kinois. Sur l’échiquier international, elle renforce les liens avec des partenaires de poids comme les États-Unis pour importer les meilleures pratiques de gestion. Parallèlement, elle pilote des dossiers industriels majeurs, à l’image du projet de la Cité industrielle de Maluku, fruit d’un partenariat sino-congolais qui ambitionne de créer 150 000 emplois.
Convaincue que la transformation de l’État passe aussi par la diversité, elle a lancé le Réseau des Femmes Mandataires Publiques (RFMP). Un levier stratégique destiné à briser le « plafond de verre » dans un secteur encore très masculin.
Entre ambitions et zones de turbulence
Toutefois, le chemin de la réforme est semé d’embûches. Transformer des entités publiques souvent sous-performantes et réticentes au changement demande une volonté politique de fer. Julie Shiku doit naviguer entre les résistances internes et l’urgence de résultats tangibles pour la population. L’enjeu est de taille : prouver que ses initiatives, comme le RFMP ou les nouveaux accords industriels, auront un impact structurel et durable.
Une figure incontournable
En définitive, Julie Mbuyi Shiku incarne aujourd’hui cette nouvelle génération de technocrates politisés : modernes, axés sur les résultats et intransigeants sur la transparence. En liant expertise financière et leadership affirmé, elle tente de réconcilier l’État actionnaire avec l’efficacité économique, faisant d’elle une pièce maîtresse de la gouvernance sous l’ère Suminwa.
Belhar MBUYI







