Au cœur du pays kasaïen,
là où les collines s’étirent comme des songes endormis,
le lac Munkamba repose, discret et profond,
comme un secret murmuré par la terre à ceux qui savent écouter.
Il n’a pas besoin de faire du bruit —
son silence suffit à toucher le cœur.
Ses eaux sombres et douces racontent sans parole
l’histoire d’un peuple lié à la terre, à l’eau, à l’invisible.
Quand le soleil se lève,
le lac s’illumine d’or comme un roi couronné,
et le matin glisse sur ses flots
comme un poème fragile que le vent protège.
Les enfants y rient, les pêcheurs y rêvent,
et les anciens disent que ses profondeurs abritent des esprits
qui veillent, paisibles, sur ceux qui respectent la vie.
Munkamba, c’est plus qu’un lieu : c’est un souffle, une mémoire, une offrande.
Les oiseaux dansent au-dessus de ses eaux,
et la nature, ici, ne crie pas : elle chuchote, elle bénit.
On y vient pour se reposer… mais on y découvre bien plus :
la beauté simple, la paix authentique,
et le lien sacré entre l’homme et la nature.
Lac Munkamba, perle cachée du Kasaï Central,
ton silence guérit, ton reflet inspire.
Tu es la respiration lente d’une terre encore pure.
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Le lac Munkamba est un lac naturel situé dans le territoire de Dimbelenge, à environ 100 km à l’est de Kananga, dans la province du Kasaï-Central. Il appartient à une série de trois lacs comprenant le Munkamba, le Kalunga et le Fwa.
D’une superficie d’environ 3 km de long sur 2,5 km de large, ce plan d’eau fermé, sans écoulement, a suscité à plusieurs reprises des projets de création et de développement d’un centre de villégiature. Ses rives s’étendent dans une vaste zone de savane.
Légendes locales
Ce lac est intimement lié au peuple Luntu, une branche des Baluba du Kasaï. De nombreuses traditions orales expliquent l’origine du lac. L’une d’elles raconte que quatre jeunes filles, parties chasser la sauterelle dans la brousse, assoiffées, se mirent à sauter et chanter pour faire jaillir de l’eau. La source ainsi apparue se transforma en lac.
- Deux d’entre elles, devenues hirondelle et araignée, parvinrent à s’échapper et, avec les survivants des villages engloutis, fondèrent le village de Bakua Tshishimbula des Luntu, situé à 250 km dans le territoire voisin de Demba.
- Les deux autres, transformées en mortier et crapaud, furent englouties et donnèrent au lac sa forme singulière : celle d’un homme couché sur le dos, les bras et les jambes écartés.
Exploration coloniale
À la fin du XIXᵉ siècle, le lieutenant Hermann von Wissmann, explorateur allemand, envoyé par la Société africaine d’Allemagne, espérait découvrir une mer intérieure comparable aux grands lacs africains. Le 1er décembre 1881, il entreprit une expédition vers le lac Munkamba. Il fut escorté par le roi Mukengé des Bena Lulua, accompagné de cinquante de ses épouses et d’une troupe de deux cents de ses hommes.
Ayanah KUPA







